lundi 20 juillet 2015

Côte-Rôtie Brune et Blonde - Guigal - France

Ah Guigal ! Une institution de la vallée du Rhône.. Avec ses étiquettes jaunes et le gros point rouge, on distingue ses flacons parmi mille.

L'histoire de la Côte-Rôtie Brune et Blonde a une saveur toute particulière pour moi qui biaise - vous allez le comprendre, mon jugement.
Dégusté pour la première fois il y a un peu plus d'un an, ce vin a été l'histoire d'une rencontre sublimement contée sur le site : Wine Civilization et qui pour le millésime 2007 a été décrite par ces quelques phrases "Extrême nord de la Vallée du Rhône septentrionale sur une des appellations qui sait le mieux trouver l’équilibre entre force et finesse. C’est pur, puissant et soyeux. C’est encore jeune mais c’est déjà délicieux".
Je rajouterais que ce vin se distingue par son nez riche et gourmand, ses épices, des notes poivrées, et une bouche généreuse.

La Côte-Rôtie Guigal Brune et Blonde, ou l'assemblage du viognier et de la syrah, des raisins noirs et des raisins blancs, de la côte brune et de la côte blonde. Une complémentarité précise pour atteindre la symbiose sur une longueur presque infinie.


Après le millésime 2007 qui avait déjà placé la barre haute, boire le 2005 a été une expérience, un voyage, voire une réelle immersion dans ce terroir si singulier. On retrouve les mêmes saveurs mais avec une finesse déconcertante, des tanins fondus, et une impression que le vin pourrait vieillir et se bonifier encore 20 ans..sublime.

Jamais deux sans trois... nous avons donc ouvert un 2009.. rien qu'à l'humer... nous savions l'erreur que nous venions de commettre.. notre soif de découverte, et notre curiosité se paya cher...

Nous avons l'impression de violenter ce vin qui ne demandait qu'à rester tranquille pendant quelques millésimes. Comme s'il était loin de son apogée et qu'on l'avait stoppé net dans son élan. Dommage ! Mais nous y reviendrons sans nul doute dans 5-10 ans, juste pour vérifier que c'est incroyablement bien fait et diVin...

jeudi 16 juillet 2015

Domaine Toulal Gris 2013 - Guerrouane - Maroc

Si vous m'aviez dit que je vous parlerais d'un vin marocain (et en plein Ramadan).. pas sur que je vous aurais cru. Un vin libanais, aurait été plus probable - le pays ayant déjà prouvé son talent viticole, le vignoble bénéficie désormais d'une belle notoriété - mais le Maroc...!
Les quelques vins marocains vers lesquels je m’étais jusqu’à présent aventurée ne m'avaient pas fait forte impression. Il s'agissait principalement de syrah étouffée par une chaleur ne laissant pas (plus) de place au fruit.  Sur-cuit, confituré, concentré, vous pouviez être certains qu'une gorgée vous aurait pleinement suffi.

Mais, la magie du vin fait que le Domaine Toulal s'est retrouvé sur notre table. L’œil curieux nous n’étions pas au premier abord séduits par le label - un peu supermarché soyons honnêtes,  mais la couleur en revanche valait de lui laisser une chance. 

Rose gris, base de cinsault, on a retrouve tout ce que l'on recherche dans le rose : une robe claire rose-orangée presque jaune pâle, un nez parfumé mais pas trop exubérant sur le fruit rouge, et enfin un bouche vive et beaucoup de fraîcheur. Un vin parfait pour un pique-nique champêtre ou avec des amis pour de longues soirées d’été... 

En bref : un gris qui n'a pas a rougir...

lundi 30 mars 2015

360°- Géo : Champagne, les bulles du désir ARTE - Documentaire

Il y a des archives que l'on retrouve, que l'on regarde sans grande conviction mais qui au final se révèlent comme de très belles surprises. C'est le cas de ce reportage rediffusé sur Arte : 360°- Géo - Champagne, les bulles du désir. 
Ce document suit une année durant l’activité de deux maisons de champagnes qui me tiennent particulièrement à cœur : Selosse et Taittinger.
Très différentes, aussi bien dans leur philosophie, que dans leur structure et leur vins, nous partons en voyage avec leur propriétaire au sein des vignobles les plus prestigieux de la Champagne.

Difficile de ne pas avoir envie de déguster une coupe de ces bulles magiques lorsqu'on regarde Anselme Selosse écouter avec passion la fermentation (alcoolique) qui, fait rare en Champagne, se réalise chez lui en barrique. 
Beaucoup de poésie se ressent dans son discours, loin d’être marketé, on respire avec lui l’authenticité de sa passion. Et son travail dans la vigne nous le prouve : il s'applique à goûter chaques grains de raisins pourris pour déterminer si oui ou non ils ont une place dans la récolte - lorsque d'autres se contenteraient de les écarter tout bêtement. Anselme Selosse, a contrario, s’intéresse à ces raisins très concentrés  qui n'ont - en dépit de ce que leur apparence laisse penser, aucun gout de pourriture moisie, mais plutôt des arômes botrytisés qui complexifieront le vin. 
Un personnage d'une sagesse et d'une douceur singulière qui se reflète dans ses flacons. Et, pour avoir eu la chance de m'enivrer (avec modération bien sur) avec la cuvée "Initial", je vous recommande chaudement de découvrir cette merveille. 

Parallèlement, Pierre Emmanuel Taittinger nous présente dans un tout autre style (il n'est pas vigneron mais le dirigeant) sa maison, son attachement pour ses racines et sa motivation pour racheter sa propre maison de champagne qui avait au préalablement été vendue a un fond d'investissement américain.
Une maison à l'histoire riche, et autant remplie de surprises que ses caves cachées dans des crayères du IVème siècle. 
Loic Dupont, chef de cave,  veille  sur ce patrimoine unique où les grands millésimes sont conservés avec le plus grand soin. La relève est assurée, Clovis et Vitalie, les deux enfants de Pierre-Emmanuel Taittinger font d'ores et déjà fructifier cet héritage remarquable, l'histoire n'est pas prête de s’arrêter...

On retiendra aussi le discours jovial de Pierre Emmanuel Taittinger qui conclut en beauté ce court document d'une quarantaine de minutes. Il rappelle que le champagne est un élixir magique, de part son coté festif, sa capacité à désinhiber " je n'ai jamais vu un homme et une femme ne pas être différent après 3 ou 4 verres de champagne" et sa mystique force pour réunir après quelques coupes "on a surtout envie de faire l'amour" conclura-t-il..

mercredi 11 février 2015

Côte Rôtie La Divine - 2009 - Jean-Luc Colombo

Et oui, encore une Côte Rôtie, me direz-vous ! Quand on aime..on ne compte pas. Sauf que celle -ci, ce n'est pas moi qui l'ai choisie. Après une malheureuse surprise de bouchon sur le Saint Joseph "Le Prieuré" de la même maison, notre hôte a décidé de nous surprendre à l'aveugle avec ce vin.

Bon, évidemment, la surprise n'a pas duré très longtemps...  Dès le nez, les épices explosent, le poivre est presque violent, on ne peut pas se tromper sur le cépage, la syrah est là..  Après quelques minutes, le vin semble d'harmoniser, et on tend vers un poivre-floral laissant place aux fruits : griottes, et fruits presque sur-mûris. Grande complexité pour un nez au final très flatteur.

La bouche est ample et généreuse de saveurs. On s'y perd presque entre les fruits (prune et cerise noire), le poivre noir, et les notes de réglisse. Mais la finale n'en est pas moins longue et savoureuse.

Belle concentration pour ce vin au beau potentiel, mais malheureusement encore bien trop jeune. A (re)boire dans cinq millésimes pour l’apprécier à son zénith.

Moralité : un vin peut-être pas encore divin, mais en tout cas bien aimable et bien fait.

mardi 2 décembre 2014

Maison Bollinger - Champagne

Noël approche, et quoi de plus festif que le champagne pour accompagner nos repas de fêtes ?


Parmi les maisons que je recommande il y a bien sur l'incontournable Bollinger. Maison encore indépendante et familiale (ce qui se fait rare désormais),  Bollinger saura séduire tous les amateurs de Pinot noir et de champagnes d'exceptions.

Pas simplement un grand champagne, Bollinger porte aussi la signature des plus grands vins et des grandes maisons. Avec son siège basé à Aÿ, et un vignoble de plus de 160 hectares planté essentiellement en Grands et Premiers crus dont 60 % en nom propre, Bollinger assure un contrôle quasi complet de sa production : des vignes à la mise en bouteille - fait rarissime lorsque l'on sait que 90 % du vignoble champenois est détenu par les vignerons et les raisins ensuite achetés par les maisons de champagne. 
N'oublions pas de préciser que parmi ses parcelles, Bollinger possède encore deux d'entre elles plantées franches de pied, c'est a dire qu'elles ont été épargnées par le phylloxéra et non donc pas été greffées. 

Crée en 1829, la maison a instauré son style tout en contraste : des vins puissants mais élégants dotés d'une complexité et d'une précision remarquables...

Nul besoin de s'offrir la "Grande Année" pour comprendre la personnalité singulière des vins de la maison. La "Special Cuvée" (aussi appelée Brut non millésimé dans la plupart des maisons) vous donne déjà un avant gout de la qualité et du niveau d'exigence recherchés par la maison. Cépage emblématique de la Maison, le pinot noir est présent à hauteur d'un minimum de 60 % dans l'assemblage, complété par 25% de chardonnay et 15 % de meunier. Nous sommes d’entrée séduits par la couleur dorée et les fines bulles. A la dégustation, le nez et le palais sont parfaitement cohérents, on se laisse enivrer par les arômes de brioches, de toasté, de compote et on essaie tant bien que mal de déchiffrer toute la complexité des saveurs en bouche. Belle structure, grande persistance.

Bien sur, lorsque la "Grande Année" vous est imposée, en fonction du millésime, les nuances seront perceptibles, mais notez toutefois que la première fermentation de cette cuvée est toujours réalisée en fut de chêne, soulignant  le caractère toasté et grillé du vin. Impressionnant, la Grande Année est un vin d'excellence à réserver pour les plus belles occasions.

Bollinger, maison mythique que je vous conseille chaudement pour Noël, et ce n'est surement pas James Bond qui me contredira. 

lundi 27 octobre 2014

Colombelle "L'original" Blanc - IGP Côtes de Gascogne

Colombelle ! Comment ne pas parler de ce vin que l'on a vu tout l’été de Lille à Biarritz en passant par l'Asie ?


Tout en douceur, ce produit du groupe Plaimont (groupement de coopératives) s'affiche petit à petit comme un sérieux concurrent du Tariquet (également produit en Côtes de Gascogne) qui a envahi le marché des vins blancs frais, légers et accessibles recherchés en été.

J’évitais jusqu'alors avec soin toute dégustation de ce vin qui m'avait laisser qu'un souvenir somme toute passable, mais voilà une rencontre avec l'ambassadeur de la marque plus tard, je suis amenée à boire ce vin qu'il m'a servi...

Le nez est sur l'agrume, avec un peu de pamplemousse et de kumquat. En bouche, on retrouve cette dominante d'agrumes qui se prolonge sur une finale citron vert marquée, assez surprenante voire inattendue. Un vin dynamique et croquant qui se boit très jeune. 
Malheureusement l’acidité est selon moi trop haute et le niveau d'alcool trop bas (12 degrés) pour pouvoir parler d'un vin équilibré. On manque de volume, de gras. C'est joli comme son nom mais ça n'impressionne pas. 
Cependant, Colombelle, sera probablement sublimé si l'on l'associe à des plats exotiques ou épicés.

Au final, je revois mon premier jugement un peu sévère face à ce vin, qui pour 5 euros saura satisfaire les petits budgets et a le mérite de promouvoir un cépage un peu oublié : le Colombard.

Lien du site du Groupe Plaimont

jeudi 16 octobre 2014

In Vino BFM - l'émission sur le vin par Alain Marty

In vino BFM est une émission de radio hebdomadaire présentée par Alain Marty, le fondateur du Wine & Business Club, club regroupant de nombreux chefs d'entreprise amateurs de vins.
A écouter le samedi à 10h et le dimanche à 16h00 sur BFM Business.


Pendant une petite heure, Alain Marty et son équipe composée notamment du très British David Cobbold (co-fondateur de l’académie du vin à Paris) nous invitent à nous pencher tout d'abord sur l'agenda des événements autour du vins et des spiritueux en France. Leurs recommandations et détails sont précis et donnent de bonnes idées de sorties aux auditeurs.
Ensuite, les invités se succèdent dans la première partie de l’émission, et puisque nous sommes sur BFM business, les premiers invités sont souvent des grands patrons et parfois des entrepreneurs qui ont en commun d’être des amateurs de vin avertis mais ne travaillant pas dans ce domaine. Ainsi on a pu entendre récemment Jean Mercier, président directeur général de BNP Paribas Rental Solutions, ou encore Michel Jauslin, vice-président régional, Hyatt Hotels & Resorts. 
On parle d’économie, de business avant de bifurquer sur leur intérêt pour le vin et leurs coups de cœurs.

La suite de l’émission se consacre entièrement à des thématiques autour du vin en cherchant toujours à mettre en lumière une maison ou un domaine - dernièrement Bollinger avec Jérôme Philipon, président du Champagne Bollinger, Thierry Bénitah, PDG de La Maison du Whisky.
En deuxième partie, on apprécie aussi les conseils aiguisés du chroniqueur Philippe Faure-Brac, meilleur sommelier du monde 1992, qui prend le temps d'expliquer très simplement mais précisément les caractéristiques d'une appellation différente chaque semaine.

En conclusion, voilà une belle émission de radio sur le vin et d'ailleurs la seule qui se consacre entièrement à ce sujet sur les ondes. Petit bémol, on se passerait bien de la promotion faite pour les dîners du Wine & Business Club qui n'a pas grand intérêt pour les auditeurs. 

Je recommande cette émission, idéale à télécharger en podcast par ICI.

samedi 6 septembre 2014

Jadis 2012 - AOC Sancerre - Henri Bourgeois




Déjà conquise par le travail du grand Monsieur Henri Bourgeois et de sa relève : Arnaud, Jean-Christophe et Lionel Bourgeois, je savais qu'il n'était pas trop risqué de déguster le Sancerre "Jadis"... Et je ne m'y suis pas trompée.

En fidèle admiratrice de La Bourgeoise, un sancerre "distingué" comme ils aiment le nommer et issu de vieilles vignes sur un terroir de silex, j'avais hâte de découvrir comment s'exprimait le sancerre Jadis dont les vignes sont plantées sur un terroir de marnes kimméridgiennes (sol que l'on trouve généralement à Chablis).

Au premier abord, je suis conquise par la bouteille qui reflète parfaitement l'esprit authentique de cette cuvée qui se veut plus confidentielle et haut de gamme que les autres vins de la maison. En total adéquation avec le nom "Jadis", la famille a crée une bouteille lourde dotée d'un verre épais presque rustique dont l'étiquette déchirée laisse imaginer que le temps l'aurait abîmée après des années en cave. Du marketing bien fait, on y croit, on adhère, et on achète aussi l'histoire.

Du coté de la dégustation, une grande fraîcheur et une belle concentration. Le vin est encore très jeune et le bouquet très dense. Quelques notes d'agrumes (pamplemousse), de la pierre à fusil, de la minéralité et un boisé délicat en bouche.
On ne compte plus les caudalies en finale tellement la longueur en bouche est infinie.

Un vin avec beaucoup de volume qui pourrait sans nul doute se garder une décennie sans perdre en intensité. Un travail bien fait. Je recommande fortement.

vendredi 8 août 2014

Banfi

Dans la continuité du précédent article sur les Supertoscans, je vous présente une maison de renom :  Banfi.



Jeune maison italienne d'environ 35 ans Banfi est dans le domaine du vin depuis bien plus longtemps mais... cela se passait aux Etats-Unis auparavant. En effet, les précédentes générations de Mariani (la famille créatrice de la maison) avaient émigré à New York et y avaient commencé leur business.
Aujourd'hui le domaine resté familial se trouve à Montalcino, au cœur de la Toscane. Au sein du berceau du Sangiovese, et avec 28 terroirs différents sur l'ensemble des vignobles, la maison cultive et vinifie chaque parcelle séparément. Le plus grand soin est apporté a ce raisin, cépage emblématique de la cuvée reine : le Brunello di Montalicino.

Parmi les autres cépages cultivés, on trouve aussi du pinot grigio en banc avec la belle et accessible cuvée : Le Rime (vin très floral et minéral, à savourer cet été). 
Le coup de cœur a été pour moi le vin Aska : jeune vin produit uniquement depuis 2010. Son potentiel est presque insolent. Un Bolgheri dont les 20 000 bouteilles qui sortent chaque année devraient s'arracher d'ici peu. 
Le bébé Brunello nommé Rosso di Montalcino a aussi retenu mon attention, et se marie parfaitement avec une salade estivale.

Bien sur, Banfi ne se limite pas à la production de quelques vins, et a au contraire su se diversifier en proposant des vins plus accessibles et faciles à boire jeune, sans pour autant le faire au détriment de la qualité mais plutôt en investissant dans les vignobles de la région. 
De plus, de gros efforts ont été fourni par l’équipe marketing pour dépoussiérer les étiquettes devenues ringardes pour le plus grand plaisir des yeux. 

Enfin, la visite du domaine perché sur une petite colline et plus particulièrement du Cuvier "Horizon" semble valoir le détour. Pièces uniques, les chais à 2/3 en chêne et 1/3 en inox ont été conçus pour optimiser la qualité en utilisant les avantages de chaque matériau.
Plus encore, perfectionniste, la maison Banfi choisi elle même les chênes qui composent leurs barriques et confie leurs productions à une tonnellerie locale de confiance.

En conclusion, une maison de renommée internationale ayant conservé de belles valeurs ainsi que l'esprit de famille dans sa gestion et sa vision du vin pour le plus grand plaisir de ses amateurs!

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur la maison Banfi : cliquez ici

mercredi 30 juillet 2014

Le Difese 2010 (3eme vin de Sassicaia) - Tenuta San Guido - Super toscan

Sassicaia est une légende italienne, et aussi une grande maison parmi les " Supertoscans" avec Solaia, Magari, et une poignée d'autres.



Ces vins italiens n’obéissent à aucune règle et leur assemblage n'est pas une base de sangiovese contrairement au vins toscans classiques (comme dans le Chianti par exemple).  Non, les supertoscans sont bien à part. 

Nés dans les années 70, lorsque les cépages bordelais faisaient fureur outre atlantique, ces vins sont apparus sous l'impulsion de quelques petits producteurs souhaitant planter du cabernet sauvignon, du cabernet franc et du merlot en Toscane. Loin de la finesse et de la douceur du sangiovese, ils recherchaient des vins robustes, plus tanniques avec un élevage en fûts de chêne neufs.

Le résultat de leur petite expérience ne se fait pas attendre et très vite ces vins toscans détrônent les grands bordeaux lors de dégustations à l'aveugle. Leur belle réussite sur la scène internationale leur vaudra le surnom de 'Super toscans', et à ce succès, suivra une envolée des prix, rendant les vins très peu accessibles et caractérisés volontiers de superpremium.

Cependant, les maisons ont compris qu'elles pouvaient commercialiser (une nouvelle fois, à l'image des grands crus bordelais) leur second et parfois même leur troisième vins à un prix plus abordable. 
Ainsi, c'est le troisième vin de Sassicaia nommé 'Le Difese" que j'ai eu l'occasion de déguster.
Le nez offre un bouquet de fruits noirs sur le cassis élégamment associé à une pointe d' épices. En bouche, superbe volume, le vin est riche et possède de belles notes confiturées. Enfin, en finale, on retrouve le mélange d'épices (poivre noir, girofles), des tanins serrés  et de belles notes boisées. Grand équilibre.

Un supertoscans qui porte très bien son nom. Sa jeunesse est prometteuse. 

samedi 19 juillet 2014

Margan Semillon 2010 - Margan


Margan, est le nom d'un domaine australien situé dans la "Hunter Valley" au nord de Sydney. Il s'agit d'une région chaude et très humide, presque tropicale. La culture de la vigne y est possible grâce aux influences maritimes et aux courants froids apportés par l'océan pacifique qui permettent de réguler la température sur la zone.
L'un des cépages emblématiques de la région est le sémillon qui bénéficie d'un environnement favorable qui n'est pas sans rappeler celui que l'on trouve à Bordeaux. 

Margan est un jeune domaine familial dirigé par un couple de vignerons amoureux de la région. Leur approche est simple : ils souhaitent laisser les cépages s’exprimer. Ainsi ils adoptent une attitude minimaliste en ce qui concerne la vinification. De la qualité intrinsèque de leurs raisins dépend totalement la réussite de leur vin car pas d'artifice (levures sélectionnées ou  non indigènes par exemple)  n'est utilisé lors de la vinification ni au cours de l'élevage. 

A la dégustation, avec la robe jaune profonde et un nez qui offre un bouquet de fruits bien mûrs sur la poire associé à des notes de miel et de coing, on a la signature bien nette du sémillon.
En bouche, ce millésime 2010 impressionne par sa grande fraîcheur 4 ans plus tard. Le vin conserve une belle tension à l'attaque et le milieu de bouche est ample, riche et complexe à la fois. Beaucoup de fruits, un peu confits (abricots), et une touche de noisette et de biscuit en finale. Belle évolution pour ce vin qui peut encore se boire dans quelques années.

jeudi 10 juillet 2014

Blood Into Wine - Ryan Page (2010)


Loin du blockbuster américain Blood into Wine nous emmène en Arizona à la découverte de Maynard James Keenan and Eric Glomski, deux férus de vins qui ont construit leur vignoble dans cette région où personne n'osait planter des vignes jusqu'à présent.

Entre ses deux passions, la musique dans laquelle il excelle en tant que star du rock'n roll et le vin, James Keenan a choisi de faire de cette dernière son métier. Novice mais désireux d'apprendre, et surtout travailleur acharné, il a en 2010 sorti sa première cuvée sous la marque " Caduceus " sous l'oeil attentif de son mentor Eric.

En fil rouge, les réalisateurs ont monté une fausse interview dans laquelle Maynard est questionné critiqué vis à vis des ses vins et de son métier. Ses réactions et ses réponses sont franches et directes car il n'est pas au courant de la supercherie. On est mal à l aise pour lui dans ce moment de solitude mais c'est finalement très drôle.

Au cours du film on se dit que tout cela ne peut pas être sérieux : un vin fait en Arizona par un chanteur de rock qui à la base ne connaît rien à la viticulture, et puis, les critiques tombent et une belle appréciation de James Suckling du Wine Spectator vient supporter le bon travail de Meynard.

Un film sympathique qui a le mérite de mettre en lumière le travail de quelques vignerons d'Arizona ainsi que de celui de ses habitants et des administrations pour supporter le développement de l'activité dans la région. Cependant le film manque un peu de rythme. Bien, sans plus.

mercredi 25 juin 2014

E CROCE - Patrimonio Rouge 2011 - Yves Leccia

Je vais à nouveau vous parler d'un vin Corse (deux en une semaine ça fait beaucoup... promis, après je fais une pause).


Le vin dégusté est une AOC Patrimonio (Haute-Corse) provenant d'un lieu-dit nommé E CROCE. L'assemblage est fait avec une majorité de Nielluciu à 90% et 10 % de grenache. 

A l'aveugle, le nez pourrait nous indiquer un vin du Rhône Nord plein d'épices (poivre noir) et de réglisse mais en bouche, on ne s'y trompe pas, on est bien en Corse. Les fruits rouges sont présents et le vin est légèrement tannique. Un degrés d'alcool à 13,5 en bon équilibre avec l'intensité du fruit et l'acidité. A ce moment là je pense que le vin est bien fait... mais (et oui, il y a toujours un mais).
Comme Hubert de Montille (Domaine de Montille) le dirait c'est un vin qui se boit "en largeur et moi ce que j'aime c'est quand on déguste en longueur". Cette phrase pourrait s'appliquer au vin d'Yves Leccia, qui dès le nez nous bluffe : intensité aromatique, épices, tout y est. En bouche, ça monte crescendo jusqu'à une explosion de saveurs et puis .... plus rien une finale quasi nulle, on tombe de haut ! Dommage, ça fait mal.

En conclusion, un vin à un fort potentiel qui me donne envie de voir ce qui se fait d'autre sur le domaine et de tester les autres millésimes pour ne pas rester sur une déception.

Le site internet du domaine : ICI

lundi 23 juin 2014

Château La Moutète - Côtes de Provence et Les Trois Chênes - Vin de Pays du Var

Les beaux jours sont arrivés, et bien sûr, les flacons de rosé apparaissent. Et quand je parle de rosé, je parle évidement de Vin rosé, et non pas de ces affreuses boissons aromatisées au pamplemousse ou de vin blanc en canette colorées de rose (tiens ça me rappelle le ICE Tropez... je passe mon tour).

Bref,  que les choses soient claires, je parle du beau rosé issu des appellations Côtes de Provence, Coteaux varois, d'Aix, de Tavel, de Bordeaux etc.
Je ne suis pas une grande fan des vins rosés en général, mais en revanche je l'associe vraiment à la convivialité et au partage. Pièce indispensable d'un déjeuner d'été, je le savoure avec plaisir dans ces moments là. Et l'un des vins que j'apprécie tout particulièrement en rosé, c'est le Château La Moutète et le petit frère (pas si petit), Les trois Chênes.

J'ai eu la chance de rencontrer Olivier Duffort, le propriétaire, qui partage son temps entre ce domaine situé à Cuers dans le Var et le Domaine de l'Hermitage à Bandol, lors de la grande messe du vin à Bordeaux, Vinexpo.
Il m'a raconté l'histoire de ses vignes, de ses sous-sols de graves et de la belle exposition du vignoble. 

Voyons ce que cela donne en dégustation. Deux vins : Les Trois Chênes, Vin de Pays du Var, et le Château La Moutète, Côtes de Provence.

Le premier vin possède la légendaire robe des rosés de Provence, très claire orangée, l'assemblage est complexe et réalisé à partir de Cinsault, de Rolle, de Syrah ainsi que du Viognier  et de l'Ugni blanc.
Le nez dévoile une belle intensité aromatique sur le fruits (pêche blanche) que l'on retrouve en bouche avec une touche de fruits rouges et on apprécie surtout la tension et la fraîcheur de ce vin. Bel équilibre, un rosé sans prétention, bon marché et léger. Je recommande vivement pour le rapport qualité/prix de ce vin.

En ce qui concerne le second vin, c'est celui issu des veilles vignes du domaine que j'ai dégusté (il existe aussi une cuvée "grande réserve"). 
L'assemblage est différent, majorité de grenache, puis cinsault et syrah. Le grenache confère au vin une couleur plus rosée que Les trois chênes. Le nez est un complexe mélange de fleurs blanches et de fruits (nectarine, abricot) et la bouche est ample avec l'acidité que l'on attend pour une finale longue et élégante.
Un vin bien plus complexe et riche que le premier, idéal pour accompagné un repas plutot qu'en apéritif.

Dans les deux cas, les rosés sont vinifiés avec talent et sont un bel exemple des rosés de Provence. Dernière chose, les prix sont plutôt accessibles pour se faire plaisir cet été et voir la vie en ros(é).

jeudi 19 juin 2014

Le Lion de Roccapina 2012 - Corse - Domaine de Pero Longo

L'île de beauté est trop souvent oubliée pour ses vins, et pourtant les vignerons corses n'ont pas à rougir face à la concurrence du "continent".

Avec une identité très singulière, les vins corses sont généralement issus de cépages autochtones comme le Nielluccio, le Sciacarello, le vermentino et parfois assemblés avec du Grenache




Le vin dont je vais vous parler aujourd'hui s'appelle "Le Lion de Roccapina" du Domaine de Pero Longo, situé à Sartène en Corse du Sud. Le Niellucio y est le roi, et Pierre Richarme, le propriétaire souhaite à travers cette cuvée retrouver toute l'expression de ce cépage dans son terroir d'origine.

La chaleur, le sol granitique dur et l'exposition sud-ouest des vignes ne donne pas de répit aux vignes qui souffrent pour trouver les nutriments nécessaires à son développement. La densité de plantation y est très faible pour ces vignes entièrement cultivées en biodynamie. La nature est maître, et l'homme s'adapte.

Coté vinification, on s'assure une nouvelle fois de rester loin des produits chimiques et autres adjuvants, et on s'applique à conserver le vin entre 15 et 18 mois sur fines lies en barriques.

Le résultat à la dégustation peut-être déstabilisant pour les novices des vins corses. On découvre un vin racé faisant honneur à son terroir. 
La robe sombre et brillante intrigue et la forte intensité aromatique séduit d'entrée.
Au nez, les fruits noirs dominent et sont accompagnés par des notes de sous-bois, de résine, et de balsamique. Une pointe de thym et de myrte sublime le nez. En fermant les yeux, on pourrait presque se croire dans le maquis Corse.
En bouche, le vin est savoureux, ample et révèle des arômes sur le fruit bien mûr et des tanins concentrés. On retrouve aussi ces arômes de sous-bois et un peu de garrigue. La finale est belle et persistante. Un vin qui reflète l'identité d'un terroir, sans triche ni artifices. Idéal pour se faire une première idée du cépage Nielluccio. 

Pour plus d'informations sur Pero Longo, rendez-vous sur leur site internet par ICI. Vous y trouverez toute la gamme ainsi que des renseignements sur le magnifique domaine qui fait également chambre d'hôtes.

Plus de critiques sur les vins corses sont à venir car je suis en train de lire un bel ouvrage sur la viticulture de cette île " Le Vin Corse, A tarra l'omini a passioni" de Patrick Fioramonti, et j'accompagne bien sur ma lecture de dégustations de la région.